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Texte de A Bonsang ou Makila Malamu
site de André
http://www3.sympatico.ca/abonsang/
aaamakila@hotmail.com
Je viens de
parcourir le site. J'ai revu avec émotion la maison du "territoire" où j'ai
été plus d'une
fois... en vélo et à pied ou en voiture.
J'aimais y travailler avec les "clercs".
J'ai lu aussi tes souvenirs de votre vie quotidienne. Cela m'a ému et fait
sourire.
J'ai bien connu Monsieur Suain qui a été administrateur assistant (sous mon
père, Jean Warnant, mais il était à Watsa avant nous et est parti vers 1953.
Il est resté quelques mois (ou un an) sous mon père. Il a été remplacé par
Monsieur Thoreau dont je t'ai parlé. Il y avait aussi Monsieur Urbain (agent
territorial) qui a été là jusque en 1960. Pour l'administration je ne me
souviens pas d'autres personnes. On a bien connu les Pères Dominicains et
notamment le père Bruyneel. Et aussi les Lebrun (Monsieur était ingénieur,
je crois, ils avaient deux filles de notre âge) et les Turlot qui ont
travaillé à la Mine. (C'est Monsieur Turlot qui a découvert le gisement
minier de moto. (Monsieur, Madame -une Français- et leur fils ont été pris
en 60... seule Madame est parvenue à se sauver...) C'étaient deux artistes,
elle en peinture, lui en sculpture. C'est lui qui a notamment fait en béton
de ses mains un immense Christ en croix qui a été placé au belge. (à peu
près trois mètre de haut, comme le Christ de Rio)
À cette époque, la P.O. (Province Orientale (Stan) était divisée en trois
districts (Stan pour le district de Stan, Buta pour l'Uélé et Irumu pour
l'Ituri). Watsa était donc un des trois ou quatre territoires de l'Ituri
avec Bunia, Nizi.. et un autre.
J'aimais beaucoup les belles allées ombragées de
Watsa, ce que j'y ai roulé en vélo ! Avec mon frère, nous avons même élevé
pendant un mois à peu près un tout petit éléphant.
Je te raconte vite l'anecdote. Comme mon père (second père) était
l'administrateur en chef du territoire, un jour, durant les grandes vacances
justement (en 52 ou 53?) un chasseur noir nous arrive avec un tout petit
éléphant (un mètre de haut). Il avait tué la mère. Évidemment les chasseurs
n'avaient pas le droit de tuer une mère accompagnée d'un jeune, mais il a
prétendu que le petit était caché par la mère. Peu importe, mon père a pris
l'éléphanteau en charge et devait le faire reconduire à Lepulu, un centre
d'élevage d'éléphants (et d'okapis). Mais comme il n'y avait de transport
prévu que trois ou quatre semaines plus tard, nous l'avons pris en charge.
Il faut savoir que tout petit un éléphanteau suit d'instinct toute personne
qui s'occupe un peu de lui. Alors il nous suivait partout, sa trompe collée
à nos jambes. Il montait même les marches d'escalier montant à la barza et
rentrait dans la maison... Il buvait cinq ou six grosses bouteilles de lait
en poudre délayée (Klim) avec de grosses tétines. Le problème, c'est la nuit
: il fallait l'enfermer dans le poulailler, mais il risquait de démolir les
cloisons et il criait tout le temps (il pleurait...) Mais ce fut une belle
aventure... Puis il nous quitta. Qu'est-il devenu à ce camp de Lépulu ?
L'histoire ne le dit pas.
août 53,) j'avais organisé des jeux (natation, bowling, cartes, courses,
tennis... avec une dizaine de jeunes blancs de là-bas, dont
les deux filles Lebrun... Cela me fait penser à un film : L'été de mes
quinze ans... Je me suis aussi renseigné pour essayer d'avoir l'adresse
éventuelle de Nicole Renier qui fit partie (un an et en 6e année) du tout
premier contingent. Patience... ...
Une autre : mon frère et moi, on s'était intronisés infirmiers pour soigner
les blessés éventuels parmi les terrassiers et autres travailleurs
indigènes, notamment les prisonniers qui faisaient toutes sortes de travaux
de jardinage, terrassement, chauffage, etc.. alors on pansait
(mercurochrome, pansements, sparadraps, aspirine, quinine...) avec notre
"kit" du parfait infirmier. On avait même installé une table infirmerie dans
notre jardin... Et tous les éclopés qui passaient venaient. Cela se savait
et la nouvelle se propageait vite.
